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 La technologie moderne - ft. McMillian & Khan

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MessageSujet: La technologie moderne - ft. McMillian & Khan    Ven 29 Sep - 17:47

En ce rude début d’automne, les nuits tombaient de plus en plus tôt sur le pays farfelu des contes.

La vie de Sheri n’avait rien d’un récit merveilleux. Quand l’amour brillait enfin sous les étoiles, ses élèves étaient partis depuis longtemps, boulotter un délicieux dîner préparé par la gouvernante. Après avoir précautionneusement rangés les tapis de sol, bien roulés les uns sur les autres dans l’armoire des équipements, puis une fois qu’elle eut bien correctement galéré à replier et bâcher les barres asymétriques, après tout cela elle pouvait s’accorder une petite demi-heure de pause dans la salle des profs. La journée était terminée pour tout le monde mais Sheri continuait avec l’atelier danse, de 18h30 à 21h.

Ce soir, quatre élèves l’attendaient devant la salle de danse, cramponnés à leurs sacs de sport. Sheri les rejoint en souriant. « Hello mes petits rats ! » Rien qu’à leur tête, elle comprit qu’ils étaient fatigués et que l’échauffement se ferait tout en douceur. D’un tour de clé, elle leur ouvrit les vestiaires et prépara le matériel sur le parquet de la salle de danse pendant qu’ils enfilaient leur jogging. Dans l’immense miroir, elle se reflétait baignée dans une lumière électrique très jaune. Ses cheveux noirs tressés derrière sa tête tombaient comme une trompe au milieu de son dos. Elle portait un long gilet de laine gris sur son legging beige. Sur le côté, elle déposa ses bottes et ses chaussettes puis elle brancha la sono et diffusa, à l’entrée de ses jeunes danseurs, une musique au rythme doux, le temps de s’étirer et de s’échauffer paisiblement pendant une bonne heure.

Dans n’importe quel établissement normal, un atelier avec des horaires aussi compliqués n’aurait pas fonctionné. La population lycéenne grouillait néanmoins de petites princesses avides de bals en tout genre qui avaient fait de ce cours une absolue nécessité. L’enseignement de la danse contemporaine s’ouvrait à tout élève de tout niveau, tout âge et tout sexe. Elle organisait ses cours comme elle voulait, avec naturellement l’obligation de préparer une présentation pour la fin de l’année. Sheri touchait alors une petite prime comme « intervenant-danse », en plus de son salaire de prof, pour animer ces trois soirs par semaine avec trois groupes différents. Elle pouvait deux ou trois fois par an faire intervenir une personnalité du monde professionnel pour animer quelques séances avec les élèves. Cet atelier lui rajoutait une charge de travail satisfaisante et occupait ses soirées. Le bénéfice était total.

Alors qu’ils répétaient face à elle les mouvements de la chorégraphie Re-Rosas, un énorme BOUM éclata derrière eux qui fit sursauter Sheri.

Toc toc toc. Depuis le couloir, elle entendait une sorte de mélopée en provenance de la salle de musique, juste au-dessus du gymnase de danse. La tête de Sheri apparu dans l’encadrement de la porte une première fois aux alentours de 20h. Un grand sourire gêné éclairait son visage. Par le regard, le sourire et les gestes, elle intima au professeur de musique de ne pas interrompre son cours. Elle ouvrit une grande armoire au fond de la classe pendant que trois élèves essayaient piteusement de reproduire une série de note au piano. Les câbles étaient affreusement emmêlés dans une boîte en carton poussiéreuse avec juste inscrit le mot « câble » au feutre. Merveilleux. Ce lycée avait vraiment besoin d’une maman. Elle trouva un petit poste radio qui ressemblait à celui qu’elle avait quand elle était ado. Peut-être réussirait-elle à le brancher sur les enceintes. Les bras chargés, elle quitta discrètement la pièce sans déranger la suite du cours d’avantage.

La fin de l’atelier danse se consacra essentiellement à du montage technique. Ce foutu poste ne se branchait sur aucune des enceintes, impossible de lancer une piste depuis son téléphone… Ses élèves donnaient tous leur avis en fondant sur le parquet, de plus en plus bouffés par la fatigue. Désespérée, Sheri ne pouvait pas faire appel à un technicien à cette heure de la soirée. Elle débrancha le matériel qui vibrait d’un larsen strident. Ils terminèrent une demi-heure plus tôt par quelques exercices en silence mais la concentration s’était déjà étiolée.

Pendant que ses étudiants se rhabillaient avec soulagement au vestiaire, Sheri rapporta le poste en salle de musique selon la même discrétion. Les bâillements des jeunes apprentis musiciens, pas habitués à ces horaires nocturnes, lui tirèrent un sourire à travers son humeur noire.  

Si demain elle n’avait pas de musique pour donner l’atelier chorégraphique, ce n’était même pas la peine d’essayer de travailler. Les lycéens sont incapables de se concentrer en silence plus de dix minutes, alors 4h…

La lumière de la salle de musique resta allumée après le départ des élèves. A genou, derrière l’énorme sono, Sheri essayait de reconnecter quelque chose, pieds nus. Elle avait emprunté encore deux câbles et une notice en salle de musique qu’elle avait promis de ramener avant la fin du cours. Le règlement interdisait évidemment de ne pas ranger du matériel emprunté à sa place avant de quitter l’établissement. Grâce à ce nouvel enseignant nocturne, l’alarme s’enclenchait vraiment beaucoup plus tard, ce qui laissait à Sheri le temps de quelques expérimentations. De temps à autre la musique repartait comme un disque rayé, s’arrêtait, s’étouffait entre ses doigts énervés.
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MessageSujet: Re: La technologie moderne - ft. McMillian & Khan    Mer 4 Oct - 2:50


Au tableau, Angus effaçait les dernières traces de solfèges qui avait servi de première introduction à la musique. Beaucoup se décourageraient vite. Beaucoup étaient arrivé en espérant que la musique et l'apprentissage du piano se faisait d'un coup d'un seul. Angus s'amuserait à compter combien parmi eux quitteraient le cours. Son but avait été de faire le tri. Ne garder qu'une demi-douzaine d'élèves et permettre en fin d'année un apprentissage plus pratique du piano. Le vieux prince s'était vite rendu compte que la pratique serait complexe face à la vingtaine d'adolescents qui s'étaient présenté aux inscriptions du club.

Le cours fut long et laborieux. Enseigner quelques bases pour une lecture correcte de partition s'était relevé plus délicat qu'il ne le pensait. Cette fois, il avait affaire à de vrais adolescents dont l'éducation leur était gratuite. Ils n'avaient guère les parents derrière eux pour les pousser au cul afin de rentabiliser les sommes considérable qu'ils avaient dépensés pour trois heures de cours. Beaucoup baillaient. Il était tard. Angus trouvait leur fatigue commune presque émouvante bien qu'il regrettait de ne pas avoir la parfaite attention de ses élèves. Il songea qu'il n'en ferait certainement pas des petits pianistes en herbe mais au moins pourrait-il transmettre son amour personnel pour cet art.

Finalement, Angus acheva son cours sur quelques exercices. Entendre les notes. Les reconnaître. Apprendre les positions sur un clavier. Un clavier de touches noires et blanches était dessiné sur le tableau blanc avec un feutre bleu. Un ou deux élèves se démarquèrent et se laissèrent prendre au jeu pendant que le reste s'endormaient sur leur chaise. Angus était plein d'enthousiasme. Pour lui, ce n'était qu'un début de journée bien matinal. Par espièglerie, il proposa aux élèves plus doués de reconnaître les sons qu'il jouait et de les reproduire au clavier. Cet exercice passa comme un jeu de défi et finalement, chacun fini par vouloir tenter la chose, espérant gagner ce petit jeu. Angus souriait et adorait voir qu'il avait réussi à susciter leur intérêt et les réveiller un peu. Ce petit blind test fut brièvement interrompu par une collègue que Angus n'avait pas encore rencontré.

Le vampire avait peu de rapports avec ses collègues. Il pouvait deviner leurs activités de jour en constatant les déplacements de feuillets ou de tasses à café dans la salle des professeurs. Angus avait l'impression d'être le fantôme du corps enseignant et parfois, signifiait sa présence en laissant ostensiblement traîner ses affaires ici et là dans la salle des profs. Sans doute pour se rassurer un peu. Angus vivait la nuit avec ses folies, ses mystères et ses rues gorgées d'adrénaline. Ce train un peu minable dans le lycée le rendait affreusement mélancolique. Parfois, un élève daignait fuguer de sa chambre et pour lui, c'était alors la fête. ll s'amusait à les faire peur. A discuter avec eux. Se faisait des frayeurs en écoutant quelques fois ses désirs sanglants. Et quelque fois une élève le rejoignait en cachette sous la protection de la Lune comme on rejoint son amant dans la nuit.

Finalement, cette présence adulte au sein du lycée l'exalta et le professeur de put retenir un immense sourire à l'égard de sa collègue pour la saluer. C'est lorsqu'il la vit, du coin de l'oeil, faire sa petite vie et qu'il senti la pièce s'illuminer par sa présence que Angus se rendit compte qu'il se sentait terriblement seul dans ce lycée. Il oublia vite sa collègue qu'il ne vit même pas ressortir de la salle.

La fin du cours se passa sans plus d'encombre si ce n'est certains élèves qui réclamèrent de retourner dans leurs chambres. Angus autorisa les élèves à se reposer sur le côté de la salle en attendant la fin du cours. Ceux-là, il le savait, le vampire ne les reverrait guère de sitôt. Quand arriva l'heure fatidique, Angus donna quelques exercices à faire pour la prochaine séance. Quelques uns assurèrent qu'ils ne reviendraient pas et épargnèrent leur enseignant une distribution de copies inutiles. Tant pis, tant mieux. Angus ne remarqua pas tout de suite l'arrivée de sa petite camarades noctambule dans la salle. Il envoyait les derniers au revoir et les laissèrent quitter la pièce de gros soupires plein de fatigue. Angus avait encore l'envie de vivre pleinement sa nuit. Peut-être un tour en ville allait s'improviser au rythme de ses caprices. Peut-être.

Skrrrrrrrrr...

Angus tourna la tête vers sa collègue qui lui faisait dos. Noyée de câbles et face à de grosses machines qu'Angus n'avait jamais touché, il fit longuement semblant de ne rien voir et d'ignorer sa détresse, un peu embarrassé. Angus ignorait quoi dire, quoi faire en ce genre de situation. Un malaise qui disparaîtrait sans doute vite mais qu'il détestait pour le temps que ça durait. Il pianota avec paresse sur le clavier en jetant quelques coups d’œil curieux vers la jeune femme. Angus savait qu'il ne pourrait guère lui être d'une grande utilité mais une présence sur son lieu de travail était si rare qu'il ne pouvait décemment rester silencieux. Il rit un peu, moqueur de sa misère technique.

Ca va aller...? Tout sourire et plein de complaisance, il se leva pour la rejoindre. Angus était curieux de voir son visage de près. Elle sentait un peu le chat ou... La forêt. Quelque chose qu'il ne humait jamais près des villes ou des campagnes pastorales. Arrivé à son niveau, il appuya ses avants bras sur ses genou et s'accroupit face aux monstres. Devant ses yeux, des boutons et des interrupteurs qu'il n'osait pas toucher.
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