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 Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan

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MessageSujet: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Jeu 21 Sep - 23:24


Angus McMillan

"Le mal, c'est quelque chose de toujours possible. Et le bien, c'est quelque chose d'éternellement difficile." Anne Rice - Entretien avec un Vampire


Informations

• Nom : McMillan.
• Prénom(s) : Angus.
• Age : L'âge où l'on se fait appeler "MonSeigneur".
• Conte : Aucun ne parle de lui. Angus est passé entre les mailles du filets et a su rester discret.
• Rang : Prince déchu du royaume de Dun Broch, vampire et héritier du comte Dracula. Professeur de mythologie & responsable du club de musique.
• Capacités : Multiples et nombreuses. Elles correspondent aux capacités d'un vampire.
• Situation matrimoniale : Veuf, nouvellement célibataire. Il se met régulièrement dans des relations libertines assez ouvertes.
• Orientation sexuelle : A son âge, on ne fait plus attention à ce genre de considération humaine.
• Un petit secret que personne ne connait ? : Angus garde beaucoup de ses secrets et on ne sait, en vérité, rien de concret sur son passif. Ni le fait qu'il s'est un jour fait appeler Edmund of Dun Broch, ni ses antécédents très proches du légendaire Comte des Carpates, ni ses meurtres, ses festins, ni ses violations à la dignité humaine.
• Feat : Tom Hiddleston.

Anecdotes

Son éducation et son âge lui ont permis de cumuler de très nombreuses compétences. Angus est un très bon musicien, parle plusieurs langues et possède une véritable courtoisie princière. Son rang de vampire lui a permit de devenir un puits de science sans fond. Outre l'Histoire et les mythes qui font partie de son propre passé, c'est un amoureux de l'Art sous toutes ses formes. Il aime la Beauté et la Grâce. C'est également un poète de bas étage qui recycle les milliers de recueilles qu'il connait. ●  Les relations affectives de Angus ont souvent été très violentes. Lorsqu'Angus aime, il lui faut un rapport de destruction dans un sens ou dans l'autre. Tout dans la démesure, les personnes qui ont le plus marqué son esprit ont été des gens avec qui il a partagé une relation amour/haine très intense. ●  Comme pour reproduire un perpétuel schéma sans fin, Angus a tendance à être très attiré par un physique proche de celle qui l'a transformé : Adolescentes blondes ou rousses. Beautés diaphanes. Il jette facilement son dévolu sur ce genre de physique altier.  ●  Angus a participé a beaucoup de guerre et de batailles. C'est un démon qui est passé par des centaines de phases dépressives dans lesquelles il s'est morfondu plus que de raison jusqu'à la torpeur. Après chaque réveil, Angus semble redevenir le bouffon séducteur qu'il a toujours été. ●  Aime danser, chanter, faire la fête. C'est un incorrigible joueur qui s'amuse d'un tout ou d'un rien. ●  Manipulateur et séducteur jusqu'à l'excès, Angus chasse rarement comme un sauvage et préfère les longues phases d'effleurement et de tension avant que sa victime ne cède sous sa morsure. Egalement sadique, c'est un travers qu'il assume cependant beaucoup moins. Il admet très peu être capable de prendre plaisir dans la souffrance d'autrui. Malgré tous les dire de vieux amis vampires qui l'ont vu à l'oeuvre. ●  Mégalomane, autoritaire, princier. Angus a un énorme problème avec l''autorité et a cette fâcheuse tendance à violer les règles les plus élémentaires lorsqu'il sait que son rang le protégera des représailles. Opportuniste, Angus sait respecte les bonnes règles ou tout du moins, le faire croire. ●  En tant qu'enseignant, Angus est plutôt apprécié et joue beaucoup de son aisance, de son charisme et de sa beauté. Il aime plaisanter avec ses élèves, leur accorde toujours son temps à la fin des cours. Très moqueur et autoritaire, Angus ne rencontre que très peu de problème d'insolence durant ses cours. ●  Le corps pédagogique a déclaré qu'il était préférable que les élèves ignorent son statut de vampire, de crainte de semer un peu de terreur chez les enfants et les parents. Aussi, sous prétexte d'une malédiction lié au Soleil, il est contraint de faire cours de nuit. Afin de s'assurer que Angus respecte sa part du marché et ne s'attaque pas aux élèves, un tuteur lui a été désigné afin de gérer avec lui sa consommation de sang et surveiller qu'il ne franchisse pas les règles imposées.  Cependant, la plupart de ses collègues de travail savent ce qu'il en est pour Angus, ce qui peut créer quelques tensions vis a vis de son régime alimentaire. Angus assure ne consommer que du sang animal. Ce qui est parfaitement faux. ●  Angus pioche du sang parmi des élèves consentants et volontaires. Pour la plupart, de jeunes adolescents qu'il a séduit et manipulé. Autrement, il peut lui arriver de chasser loin des villes lorsqu'il manque de bonnes âmes. ●  Avec le temps et les divers héritages qu'il a accumulé, Angus possède une fortune titanesque qui le met a l'abri de quelques dissensions pécuniaires
. Il possède également des biens immobiliers dans plusieurs royaume, lui assurant une rente régulière pour amortir le coût de ses dépenses. ●  Sans être passionné, Angus adore la musique, quelqu'en soit le style, le genre et l'époque. ●  Impossible de passer à côté de son accent Ecossais qui rend parfois ses phrases un peu écorchées et qui ont été sujet à moquerie durant ses premiers cours. ● Possède un petit chat noir qui se promène dans l'école et qu'il a humblement baptisé Pangur en hommage à un très célèbre poème irlandais. ●  Angus est un ultra-patriotique. Il aime son pays plus que tout. Sa culture, ses paysages, ses habitants, sa langue, son ciel, son océan, son histoire,... L'Ecosse est un sujet de discussion intarissable pour ce vampire encore amoureux des vieilles landes de son enfance. ●  Angus possède un démon très singulier : La jalousie. Angus est possessif et accepte peu de partager ce qu'il possède. Cependant, ayant été victime de ses propres vices, le prince a appris à ne poser son dévolu qu'en de rares créatures capables de lui être fidèles. Autrement, ses calices ne font plus vraiment l'objet de ses hystéries furieuses. Particulièrement dans ce lycée où il pourrait y perdre sa place et son confort. ●  Payé autant que n'importe quel enseignant dans ce bahut, Angus ne fait pourtant cours que deux heures par jour, entre 20H et 22H. Ce qui amène à quelques remarques acerbes à son égard de la part des autres enseignants. ●  Angus collectionne de vieilles pièces antiques et est beaucoup trop sentimental pour se débarrasser de vieilleries inutiles. Ne pouvant pas les installer toutes dans sa chambre, Angus loue un hangar à Camelot où il dépose ses affaires. Une caverne d'Ali Baba qui pourrait valoir des royaumes entiers si Angus daignait les revendre. ●  Angus chasse souvent en ville, en boîte de nuit et fréquente d'autres créatures malfaisantes comme lui où il peut être lui-même et parfaitement à l'aise dans ses propos. Propos souvent cruels, rudes et malsains. ●



Caractères
Angus est une créature mystérieuse pour la plupart de ses contemporains du corps enseignant. L'étrangeté qui plane au-dessus de sa tête est une énigme qui diverge les opinions. Tantôt apprécié pour son aisance espiègle et son charisme de vieux sage, tantôt craint pour ce que ce genre de démon inspire dans les vieux contes. Angus inspire un sentiment contradictoire fort d'angoisse et d'amusement. A l'aise avec son prochain, excellent menteur, manipulateur habile, son sourire aimable attise une sympathie naturelle dont l'instinct mortel se méfie. Le prince est sait jouer des mots et des charmes pour plaire. Il sait moduler sa voix et ses intonations pour faire naître l'émotion chez celui qui l'écoute. L'éloquence est une qualité qui lui semble innée, comme imprégnée en lui jusqu'à l'os. Agréable, éduqué, d'un vocabulaire encore vieilli de littératures anciennes et dansant au rythme d'un accent très typique, peu ne trouveront de véritable raison de s'en méfier sans invoquer un sentiment lourd et macabre qui les envahi à la présence du Prince des Ténèbres.

Car Angus est un démon millénaire. Une créature ancienne qui pense et réfléchit par le prisme de l'éternelle damnation. Romantique et cruel, Angus fait partie de ces légendes étranges et incompréhensibles qu'il enseigne à ses élèves. Le meurtre, à ses yeux, ne concerne que les créatures immortelles. La sang et l'horreur font partie de sa vie comme la passion et la souffrance amoureuse. Aussi, n'a-t-il aucune leçon de morale à donner à quiconque. Et n'en donne-t-il à personne. Angus est un homme que l'on pourra apprécier pour le recul qu'il saura prendre de chaque situation. Des plus banales ou plus inquiétantes. Il est cet ami que l'on appelle pour enterrer un cadavre. Que l'on réclame pour avouer l'inavouable. Que l'on invoque pour se salir les mains. Angus sait être un confident à l'écoute quoique plein d'idées arriérées et moyenâgeuses. Angus entendra son prochain avec un rire méphistophélique, jugeur et inquisiteur mais toujours prêt à tendre la main. Son aide écorche l'âme à jamais.

Angus est un prince. Et comme tous les princes, Angus possède un estime de lui-même bien supérieur au commun des mortels. Son immortalité a empiré son cas. La mégalomanie de Angus le rend au-dessus de toute attaque. Le vampire ne craint aucune institution et se permet de critiquer les plus dangereuses. Il ne craint ni les vampires, ni les rois, ni les princes, ni les dieux. Et seul Dieu, le miséricordieux, ne peut le foudroyer de sa colère. Jusqu'alors, rien au monde ne saura inspirer la crainte au fond du petit cœur asséché d'Angus.
Vie Irl
PnP sur la toile, j'ai l'habitude de suivre tous les forums des fondatrices avec une application presque religieuse ! J'ai 23 ans et j'habite en Région Parisienne, pour ceux qui seraient adeptes des IRL ! Des bisous !

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Dernière édition par Angus McMillan le Mer 27 Sep - 14:14, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Jeu 21 Sep - 23:27


Il était une fois ...

"Citation liée à ton personnage"


Grandes plaines de sinoples qui s'étendent en une mer de lumière. Un ciel terrestre où les nuages cotonneux bêlent en rythme des sons de cloches et des aboiements autoritaires d'un chien de berger. Les terre d'Ecosse sont un radieux paysage de ciels orageux, d'océans déchaînés et de cascades rugissantes.  Edmund of Dun Broch, fils de Malcolm Dun Broch était le sixième enfant d'une fratrie interminable et dans laquelle son nom se perdit et se confondit avec celui de ses frères et sœurs. Edmund, nullement destiné à devenir roi, est un fils arrogant et porté par l'oisiveté qu'offre l'Art à ceux qui se refusent à leurs devoirs. Amoureux des traditions, des mythes et des chansons, Edmund se fait une réputation d'esprit et de beauté dans le royaume. Prince des Grâces, bénis des fées, porté du sang du  féroce et conquérant du clan Dun Broch, Edmund est cependant un fils incapable de poser son avenir avec une épouse. Séducteur des courtisane, Edmund se refuse pourtant à tous les mariages imposés par son rang. Car que ferait-on de ce fils qui ne sait rien faire à part la guerre et déclamer des poèmes épiques ? Fallait-il l'unir au mieux d'un parti influent où ses caprices impérieux sauraient être comblés.

Edmund, difficile à combler, amoureux des belles femmes mais exigent à l'excès, ne trouva jamais aucune prétendante digne de son esprit. Edmund était un éternel célibataire que l'on pensait dorénavant condamné à l'oubli. Son père, fatalement, se désintéressa de ce capricieux rejeton pour se pencher sur l'éducation de ses frères prometteurs.

Edmund, ne trouvant guère modèle auprès de son père le roi, décida de tourner son intérêt vers l'homme qui fut de tout temps son maître, son père et son ami. L'homme qui avait mérité cent fois par sa bonté et son respect des traditions, le titre de dirigeant de Dun Broch. Le prince Donald de Dun Broch était le frère de roi. Aîné de sa fratrie, Donald avait reçu de divers troubles politiques, l'interdiction de régner sur Dun Broch. Son frère fit passer quelques tentatives de faire taire les traditions du clan par changement de mœurs que le peuple déplorait. Aussi, semblable à Edmund vis a vis de ses frères, le prince Donald resta retiré de la vie politique du clan et fut chassé des cercles de décisions monarchiques. Edmund et Donald alors parlaient ensemble et déjà très jeune, le petit prince appris à échanger des clivages politiques avec ceux qui l'entouraient.

Donald fut un père présent. Il s'occupa personnellement de l'éducation d'Edmund et fit de ce fils oublié son apprenti spirituel, lui enseignant les traditions, les mythes et les légendes de son peuple. Il apprit à Edmund à respecter les créatures féeriques de l'ombre et à honorer les dieux sylvestres. Il lui enseigna l'art de se battre et de la guerre. Éveilla sa curiosité aux arts et à la philosophie. Cultiva l'intérêt de son neveu pour le monde extérieur, les royaumes voisins et même d'au-delà. Edmund voyagea beaucoup, très jeune. Accompagnant son oncle ou cherchant inlassablement à éprouver le goût du dépaysement, Edmund nourrit ses souvenirs de landes étrangères et de paysages grandioses.

C'est à l'aube de ses vingts ans que Edmund sembla trouver une paix fugace, aux frontières d'un royaume lointain et sinistre. Comtesse d'un territoire hostile, fleur de clarté au milieu du désert de poussière. Enchanteresse des songes, maîtresse de la Grâce, ange d'albâtre et de marbre, triomphante déesse de l'Eternité. Angelique de Dreux, la bien-née était une femme très jeune et qui pourtant avait déjà affronté les affres d'un funeste veuvage. Le comte des Carpates, un époux qu'elle décrivait comme violent et indifférent à ses désirs. Volage et d'une triste réputation de tueur. Angelique avait ainsi quitté les terres de son époux pour trouver asile au plus lointain. Isolée du monde, vivant dans un grand palais aux pierres blanches, Angelique s'était retiré et ne vivait plus que de solitude parmi ses serviteurs et ses domestiques. Un petit bout de femme esseulé qui avait eut la bonté d'accueillir le prince Edmud le temps d'une halte sur ses terres.

Cette excursion parfaitement providentielle dura longtemps. Plus longtemps que prévu. Les deux jeunes gens se lièrent très vite et leur relation aussi fugace fusse-t-elle fit tomber Edmund dans le trouble. Ils roucoulèrent ensemble près des bassins de Lune. Parlèrent beaucoup et s'échangeaient de longs regards passionnés. Edmund s'y perdait avec une volupté qui le damnait jusqu'à la chaire et laissait ses nuits remplies de douloureux cauchemars. Edmund repartie de chez Angelique le cœur lourd. Sans s'expliquer ce sentiment de vide et d'abandon, Edmund ne put se résoudre à perdre tout contact avec sa bien-aimée. Lorsqu'Edmund rentra à Dun Broch, une longue relation épistolaire commença avec Angelique où le prince fit couler tant d'encre et de désir qu'il en aurait pu inonder un cœur asséché.

Donald ne savait quoi penser d'une telle relation et avait tout le grand mal du monde à pousser la confidence de son neveu à propos de cette mystérieuse comtesse. Cependant, même avare en explication, Edmund s'enflammait de passion lorsqu'il parlait d'elle. La décrivait comme un ange venue des Cieux ou des Enfers. Une créature divine, une déesse lunaire, délicate et cruelle. Le prince Donald le savait : Edmund était amoureux de la Belle. Inexorablement, il voyait le jeune homme se recroqueviller dans cette relation de distance et de frustration qui ne lui avait été que toujours plus toxique. Edmund s'éloignait des domaines politiques. S’entraînait bien moins et n'étudiait que pour partager son esprit avec Angelique. Son monde ne tournait alors plus qu'autour d'elle et toutes ses pensées se tournaient entièrement à la disposition de la comtesse.

Comme pour sauver son neveu de l'apathie de son amour lointain, il proposa ainsi au jeune prince d'épouser celle qu'il aimait. Le mariage, pour Edmund, avait toujours été un sacrement auquel il s'était refusé. Séducteur et volage, le mariage avait toujours semblé trop solennel pour un homme comme Edmund. Cependant, plus aucune femme ne sembla attirer de nouveau son regard espiègle. Plus aucune femme ne semblait aussi belle, aussi intelligente et aussi gracieuse que son Angelique. Edmund lui était d'une parfaite fidélité et il songea alors d'un naturel naïf qu'elle serait alors la femme qui comblerait tous ses malheurs et toutes ses peines. La femme qu'il voudrait à ses côtés toujours et tout le temps. La femme qui saurait l'enivrer de ses paroles et l'envoûter de sa voix.

Edmund fit sa demande par lettre. D'abord de suspicieux sous-entendus. Angelique esquivait toujours le sujet sans y répondre. Puis il se montra plus direct. Plus franc dans ses désirs matrimoniaux. Puis Angélique cessa de répondre. Et Edmund continua longtemps à envoyer ses lettres et ses courriers. Sans aucune réponse qu'un silence de mépris qui brisa en lui une étrange joie qui n'exista plus que comme un spectre de nostalgie.

Donald ramassa son neveu dans un triste état. Haineux, troublé et incapable de concentration, Edmund était devenu un amas de rage, de désolation et de frustration. Chaque jour peinait à apaiser son esprit et le temps ne sut faire son office. Aussi, Donald considéra qu'il serait plus aise d'user de cette énergie à des fins productives. Edmund était dorénavant assez mature pour comprendre qui était son oncle et quels étaient ses combats.

Le prince Donald III de Dun Broch était un fidèle aux anciennes traditions. Combattant insoumis, guerrier de la liberté de son peuple et héritier légitime du trône, son isolement politique avait été décidé quand après des siècles de guerre avec le royaume voisin, celui de Dun Broch tombait dans la désuétude. Dévoré par la conquête et les batailles, le peuple souffrait d'un roi avide qui avait odieusement pactisé avec l'ennemi et avait craché sur tout le patrimoine de ses ancêtres. Donald était le défenseur que le peuple désirait mais la guerre en avait décidé autrement. Alors Donald avait commencé des insurrections discrètes et des rébellions chiches. Incapable de trouver le financement nécessaire, il revint alors à Edmund, chef de plusieurs armées et général charismatique, de mener une véritable campagne de révolte dans les plaines sauvages de Dun Broch. Et alors que son père le roi s'en allait d'une affaire diplomatique avec leurs haïssables alliés, Edmund organisa l'embuscade qui fit de lui le Prince Parricide.

Le Roi Malcolm est mort. Vive le roi Donald.

Donald, quasi-élu du peuple devint le nouveau roi des Highlands et fit de son neveu, par reconnaissance de fidélité, co-roi et seigneur des Clydes. La guerre avec le royaume voisin faisait rage mais le peuple de Dun Broch était un peuple invaincu et guerrier qui ne craignait pas de verser le sang pour défendre sa liberté et ses terres. L'Histoire retiendra que Donald fut cependant vite chassé par un prince de Dun Broch et exécuté pour haute-trahison. Quant à Edmund, considéré comme pauvre victime des machinations et manipulations de son oncle, il fut envoyé très loin de Dun Broch, dans le pays voisin, pour purger une condamnation au milieu de marécages et de campagnes hostiles. Emmuré dans un temple dédié à des dieux funestes, on oublia très vite Edmund Ier le Parricide, co-roi de Dun Broch.

Edmund tenta d'abord la révolte. Mais, les punitions et sa captivité matèrent rapidement sa hargne. Sa peau se marqua des traces rouges des fers sur ses poignets et ses genoux noircirent à force de contact avec la pierre de la chapelle. Après quelques mois, Edmund abandonna ses ambitions pour épouser parfaitement la vie monastique au cœur des marécages du comté. Il apprit à cultiver, à travailler et à vivre de méditations et de sérénité. Dans un silence qui faisait écho sur les vieille pierres du monastère, Edmund apaisa son esprit en fureur et accepta son destin. Il passa deux ans auprès des moines avec qui il noua de difficile relations qui dépassèrent celles que l'on réserve communément aux geôliers et à leurs prisonniers. On était fier de sa rédemption.

Une nuit, Edmund entendit le grand portail grincer, depuis sa cellule. Isolé, le monastère ne recevait jamais aucune visite nocturne. Des voyageurs et pèlerins venaient s'y arrêter pour se reposer mais, toujours au cours de la journée. A cause des loups qui rôdaient, en hiver comme au printemps, et des pilleurs qui profitaient de la nuit pour s'attaquer aux itinérants. On avait également peur des feux follets, des lutins et des spectres. La nuit ne recevaient jamais aucun visiteur.

Edmund dégagea ses vieux draps de lin et enfila une chemise. Pied nu, il marcha jusqu'à sa fenêtre et aperçut vaguement la silhouette des moines approcher des jardins. Un véhicule, richement orné, était tiré par des chevaux que le prince devina fort bien nourris grâce au bruit puissant de leurs sabots qui claquaient furieusement sur les dalles de la cour. La Lune était partiellement couverte par de sombres nuages pluvieux et une humidité mordante se laissait emporter par une brise glaciale d'hiver. Pourtant, Edmund resta longtemps près de la fenêtre pour observer les agitations étranges qui se déroulaient sous le cloître de la cour. Il ne voyait guère bien loin et ne pouvait pas identifier quels moines s'étaient empressés d'accueillir le visiteur, ni à quoi ressemblait le cocher. Cependant, il devina que la discussion surpris les moines, aux manières qu'ils avaient de se tourner les uns vers les autres. L'un d'eux eut un mouvement de panique que l'autre tenta de calmer. Il l'emmena à l'intérieur du monastère, laissant le visiteur dans l'attente. Edmund resta une minute à observer mais, le froid commençait à faire trembler ses genoux et sa mâchoire. Il ferma lentement son volet et décida de retourner sur sa paille. Ses paupières commencèrent à tomber lourdement quand on frappa à sa porte. Ses yeux s'ouvrirent, soudain, et son cœur s'emballa à un rythme si fort qu'il en eut des points de côté. Edmund savait qu'il s'agissait des deux moines de la cour. Comme il hésita longtemps et souhaitait faire croire qu'il dormait, il laissa ses visiteurs frapper une seconde fois. Il se redressa, annonça qu'il arrivait et alla ouvrir, sa chemise grossière lui tombant jusqu'aux genoux.

Les deux moines avaient des figures livides. Ils avaient l'air de deux illuminés. L'un balbutiait beaucoup et n'osait guère beaucoup parler. L'autre était bien plus assuré et réclama que le prince s'habille et prépare ses affaires. Il devait quitter le monastère. Edmund ne posa pas beaucoup de questions et obéit presque sans un mot. Il demanda ce dont il avait besoin et les moines assurèrent qu'il n'avait besoin que du strict minimum. Qu'il ne reviendrait pas. Le prince se demanda si des partisans de son oncle avaient trouvés un moyen de le faire sortir. Si son frère, devenu roi d'Ecosse, le réclamait auprès de lui. Lorsqu'il épuisa toutes les hypothèses, il suivit les deux moines dans le cloître intérieur. Jamais un silence ne lui fut plus insupportable et assourdissant. Il lui semblait que le moindre frottement de tissu résonnait comme un cri d'horreur. Lorsqu'il rejoignit la cour centrale, le cocher était descendu et recevait les ordres de son maître, à l'intérieur du véhicule. Il faisait encore bien trop sombre pour qu'Edmund puisse voir leur visage. Quand le cocher entendit les pas du prince et de son escort, il se retourna et monta immédiatement à sa place. De plus près, les chevaux étaient bien plus imposants que depuis sa fenêtre. Ils rugissaient fort et le conducteur peinait à les maintenir au calme et à l'arrêt. Les moines installèrent les affaires d'Edmund et l'invitèrent à monter dans le véhicule. Il hésita mais, un dernier coup d’œil en arrière lui rappela qu'il détestait cette vie-là. Le cœur serré et plein d'une anxiété qu'il n'avait jamais connu, il grimpa à l'intérieur où une chaleur accueillante l'attendait.

Il s'agissait d'une maîtresse. Elle portait une robe blanche et rose, brodée d'arabesques d'or somptueuses. Une longue cape légère en velours bleu lui tombait sur le visage et dissimulait son regard. Edmund ne pouvait alors ne distinguer que son menton qu'il jurait connaître. Il n'osa cependant poser aucune question. Prêt à entendre les instructions de la dame qui le délivrait, il attendit longtemps, concentré sur son attention. Puis, lorsque les heures passèrent, il finit par trouver le silence confortable et décida de le préserver. S'il se sentait noyé de questions, Edmund trouva un certain apaisement à regarder le paysage défiler à travers la fenêtre du véhicule. La route était escarpée et les ballotait régulièrement. Lorsque l'une des roues butait sur un gravas, tout le carrosse tanguait et Edmund sursautait soudain, se réveillant avec le cœur à la gorge. La dame ne bougeait jamais d'un pouce et il sembla, suite à l'un de ses nombreux réveils, qu'il s'agissait en vérité d'une statue. Il la fixa un long moment et il ne remarqua ni mouvement de respiration, ni semblable réflexe naturel. L'envie de toucher pour vérifier le démangea beaucoup mais, il se retint, de peur que soudain elle ne s'éveille par une quelconque magie démoniaque.

Edmund ouvrit les yeux doucement lorsqu'il sentit que la voiture s'arrêtait. Un filet de bave coulait au coin de ses lèvres. Ses paupières brûlaient et une douleur terrible le lançait dans tout le dos et dans la nuque, jusqu'aux cervicales. Le pire, sans doute, étaient-ce ses jambes qui avaient besoin de s'étendre urgemment. Il leva les yeux sur la dame et Edmund jurait qu'elle n'avait absolument pas bougé. Il était à présent presque sûr qu'il s'agissait d'une statue habillée et maquillée. Il tourna la tête et observa le ciel sombre d'un matin encore nocturne. Le ciel grisaillait et il ne faisait plus très sombre. Pourtant, le soleil n'était pas encore levé et ses rayons perçaient difficilement sur l'horizon qu'il assimila à des plaines étrangères. Le véhicule s'était arrêté dans la cour d'un petit château de campagne, entouré de champs. Des domestiques vinrent l'accueillir. La porte s'ouvrit et Edmund hésita. La statue resta fidèle à elle-même et le prince se laissa entraîner à l'intérieur du manoir. Une domestique avec un sourire affable et le dos courbé commença à lui faire visiter les pièces qu'ils traversèrent pour arriver à sa chambre. Il y avait de nombreux miroirs, beaucoup d’œuvres précieuses et antiques, des tapisseries riches et rares. Il jugea rapidement que la dame était une personne proche d'une grande royauté. Aussi se demanda-t-il pourquoi une telle femme désirait lui ouvrir les bras.

La domestique expliqua qu'ils se trouvaient à quelques jours de la ville la plus proche et que d'ici quelques temps, ils quitteraient le château pour rejoindre la demeure définitive de la duchesse. Edmund posa beaucoup de questions mais, on daigna très peu lui répondre. Une fois arrivé dans sa chambre, la servante tenta de rassurer le garçon, annonçant que la duchesse ne laisserait pas le prince dans l'ignorance bien longtemps. Il suffisait d'être patient. Quand la domestique croisa son regard et qu'elle s'enfuit timidement, les joues empourprées, il sourit, attendrit. Puis, oublia vite en s'installa sur son lit. Un immense matelas bordé de soie et de satin. Une épaisse laine recouvrait le bas du lit et de grands rideaux rouges étaient soulevés au-dessus des poutres. C'était un luxe qu'il n'avait plus connu depuis deux éternelles années.

Edmund était épuisé, fatigué. Son corps était douloureux et d'une lourdeur difficile. Son esprit était encore embrumé par les derniers événements mais le prince n'avait pas assez de force pour y réflechir tout à fait. Le confort lui tendait les bras. Il retira ses bottes, se deshabilla et s'effondra sur le lit. Il n'eut pas le temps de se couvrir de ses draps que le sommeil le gagna immédiatement.

Son sommeil fut très perturbé et de nombreux cauchemars l'avaient hanté, cette nuit-là. Mais, plus que tout, au réveil, Edmund avait la certitude d'avoir reçu la visite de la duchesse. Dans un état entre rêve et conscience, il se souvenait d'une voix lointaine, d'un murmure féminin et familier qui ronronnait à ses oreilles comme un envoûtement sensuel. Sa peau gardait le souvenir d'un contact qu'il n'arrivait pas à discerner. Lorsqu'il se leva, des vêtements propres l'attendaient à son chevet, ainsi qu'un plateau de fruit et une bassine d'eau. Reconnaissant et troublé d'un sentiment d'étrangeté, il se laissa éconduire par l'amabilité des serviteurs du château. Certains parlaient avec un accent qu'il reconnu venu de pays qu'il avait jadis connu mais la chose lui passa bien au-delà de l'esprit. Il se reposa beaucoup et prenait conscience de la tragédie dont son nom serait victime. Edmund était mort. Ne restait-il plus de lui qu'un vague pan de l'Histoire que la violence de l'ennemi allait balayer d'un souffle conquérant. Doucement, l'image de son oncle lui revint et le souvenir de ses années monastiques lui sembla avoir été une perte sèche de temps et de moyen. Edmund sut se convaincre que les dieux ne l'aimaient pas. Et ne l'avaient-ils sans doute jamais aimé.

Le lendemain, lorsque le Soleil se coucha sur l'horizon, la neige commença à tomber. D'abord finement en petits flocons légers. Puis de plus en plus dru, le paysage se couvrit bientôt d'un rideau de bancheur immaculée et s'allongea lentement sur l'herbe humide du soir. Edmund s'ennuya toute la journée dans ce château. Après avoir exploré les lieux, un sentiment d'attente s'était emparé de lui. Il savait d'instinct que la nuit possédait son destin. Aussi s'était-il planté devant la fenêtre, comme pour observer le Soleil qu'il avait la sensation de redécouvrir. Sa chaleur, sa beauté cruelle, sa violence. Lorsqu'il disparu à l'horizon et que le paysage se voila de pureté et de calme, le véhicule de la duchesse arriva dans la grande cour et Edmund savait qu'on attendait de lui qu'il la rejoigne.

Le voyage fut long et difficile. La duchesse ne parla guère d'avantage mais en son for, Edmund commençait à découvrir l'identité de celle qui le sauvait. Ce menton juvénile d'albâtre, ces longues boucles si blondes que la lune s'y reflétait en éclats d'argent. Une bouche en bouton de rose que les anges eux-même brûleraient de goûter. Edmund détournait souvent le regard comme si le monde entier le jugeait d'infâmes idées. Après de très longues heures alors, une gigantesque demeure s'éveillait dans la lande, au lointain. Autour s'étendait des champs de blé et d'orge  et les musiques païenne d'une fête de village résonnait dans l'air comme un vague murmure.

Le duchesse ne bougea guère d'avantage du voyage. Poupée de marbre, sculptée dans une pierre de Lune, Edmund tenta plusieurs questions. Réclama une identité, un mot, une explication. Mais rien ne lui fut offert qu'un silence de plomb dans lequel elle s'était décidé à s'emmurer. Ainsi arrivèrent-ils à la demeure de la duchesse. Et d'un mouvement félin et gracile qu'Edmund reconnu immédiatement, cette dernière quitta le véhicule. Edmund resta immobile, interdit, comme paralysé d'effroi et de désir. La duchesse se tourna vers lui, dissimulant toujours son visage qu'Edmund n'avait guère oublié. Toujours muette comme une tombe, ils échangèrent un long silence qui dura longtemps. Les domestiques vinrent à lui. Et l'accueillir tandis que s'éloignait de son regard la femme qui avait tant remué son humanité.

Edmund fut accueilli avec beaucoup d'enthousiasme. On le coucha dans une chambre prête à recevoir le prince et lui fit-on visiter la demeure. Un gigantesque palais de solitude où vivait domestiques et serviteurs. On disait à Edmund que parfois la duchesse recevait des invités de marque et organisait des bals avec les grands nobles de tous les royaumes voisins. C'était une femme délicate mais versée dans les arcanes de la fête. Elle engageait les meilleurs cuisiniers pour ses invités, se faisait mécène des artistes, demandait conseil aux plus grands paysagistes du royaume pour ses jardins, possédait une volière monumentale où une sarabande de couleurs s'emplumaient élégamment dans les airs. Et dans les grandes cours du château se promenaient tigres et lions qui traînaient leur majesté avec paresse entre les parterres de fleurs d'ors et d'argents, de rubis et de saphirs, d'ambres et de turquoises.

Tout inspirait une démesure folle et grandiose dans ce palais. Une odeur d'encens exaltait des tissus et un parfum précieux de fleurs et de savon flottait dans l'air. Edmund s'était levé au milieu du jour et s'était enivré d'odeurs, de velours et de couleurs, retrouvant doucement une sensation oubliée et les souvenirs perdus d'une compagne d'une autre vie. Un sentiment d'onirisme avait plongé son corps et son esprit dans une étrange contemplation. Paisible et heureux, Edmund se fit apprécier des domestiques qui le surnommaient dorénavant Angus. Un sobriquet qui venait, disait-on de la duchesse.

Angus devint un surnom qu'il apprit à apprécier. Il s'agissait d'une blague assez flatteuse pour que le jeune homme ne s'en courrouce pas. Edmund était désormais incapable de sentiment de violence ou de crainte. Le mystère dévoilé, seule son impatience de voir la nuit tomber sur le royaume dévorait son âme. Et lorsque le hululement des chouette s'imposa sur la lande, que les étoiles sortirent de leur antre pour rejoindre le ciel et qu'Edmund se glissa, trépignant et tremblant d'une fièvre douloureuse, dans les draps de son lit, une présence forte et terrifiante l'enveloppa de toute sa force. Un murmure au creux de l'oreille. Un baiser douloureux, comme la marque de l'Enfer sur sa peau. Une voix claire et sirupeuse, un miel qui s'écoule le long de son corps jusque dans ses veines. Son nom plana dans la nuit et la Lune bénit sa naissance d'un nom lointain et bien-aimé. Et chaque nuit, le murmurait-elle avec plus de force lorsque la duchesse déchirait sa peau et qu'ils s'enlaçaient dans la brume. Jusqu'au jour où le chuchotement devint un cri. Un ordre. Un désir. Un baptême.

Angus.

***

Angélique. Comtesse des Carpates. Duchesse de Dreux. La terrible. L'odieuse. L'immonde créature, assoiffée de sang, de mort et d'horreur. Entres vampires, on se racontait combien Angélique était une femme folle à lier. On moquait ses pulsions meurtrières. Son désir de pouvoir, de déification. Mais lorsque l'on se retrouvait face à son regard, ce sombre voile surnaturel, hypnotique, on ne savait que se soumettre à ses caprices.

Angélique était une haute dame des vampires. Aimée pour sa beauté. Crainte pour ses épanchements terribles. Ses gestes étaient toujours délicats et emprunts d'une sensualité émouvante. Ses longs doigts diaphanes dansaient en de délicates ondulations qui donnaient envie de les baiser. Elle avait un visage poupons avec des joues un peu creuses, un nez retroussé comme celui d'un enfant et des lèvres charnues comme un fruit mûr. Toute petites mais d'une présence forte, les hommes et les femmes se tournaient et s'inclinaient. Tous.

Angus découvrait celle qu'il aimait. Apprenait qui était Angélique. Celle qui avait fait de lui un démon. Un monstre. Après sa renaissance, Angélique lui présenta deux de ses plus jeunes et jolies domestiques. Deux gamines mignonnettes et qui miaulaient de terreur et versaient de petites larmes d'enfant. Angus n'était encore qu'une créature conduite par ses pulsions infernales. Il s'en reput vite et bien, guidé des doigts bienveillants de sa maîtresse. Elle lui expliqua. Jamais boire un sang mort. L'artère la plus grosse pour être parfaitement comblé. Elle lui enseigna ses terribles pouvoirs. Comment percer l'esprit des hommes. Comment commander aux loups et aux oiseaux. Comment maîtriser sa force, ses sens. Comment envoûter par sa voix. Par son regard. Par ses caresses. Angélique éduqua son démon avec un soin amoureux. Une application religieuse. Sa période de sevrage fut terrible. Aussi, impatiente que son petit Prince ne soit parfaitement remis du trauma qu'inspire la douleur de la transformation, elle l'emmena, lui et ses appétits de monstre, jusqu'au village le plus proche. Une nuit de fête où l'on jouait des musiques paysannes et l'on dansait joyeusement autour d'un grand feu. Angélique s'y promena souvent et montra à Angus ses premières passes de chasseur. Fou de désir de se repaître, le jeune vampire fut un élève brillant et consciencieux. Cette nuit fut un carnage sanglant et le village entier se porta en deuil durant des jours et des années.

Angus, alors comblé de sang et gorgé de vigueur, l'esprit fort et lucide, reprit subitement la pleine conscience de sa nature. Comme une gifle qui lui retourna le cerveau, il se souvint de ses meurtres. Du sang qu'il avait fait couler. De ces femmes, de ces hommes, de ces visage horrifiés et de ces supplications gutturales lorsque leur gorge se noyait dans leur propre sang. Comment, sous la tutelle attentive de sa maîtresse, il s'était glissé par la fenêtre de cette maison et s'était penché sur les couffins de la chambre d'enfant. Une teinte rouge avait sali la broderie délicate de leurs draps.

Lorsqu'il rentra au château, Angus éclata en sanglots et en hurlements d'horreur. Angélique le consolait. Le caressait d'une main maternelle. Douce, d'une compréhension injuste. Angus tirait fort sur ses vêtements. Réclamait des pourquoi à s'en brûler la gorge. Rien, subitement, ne lui parut plus odieux, plus cruel, plus pathétique et plus absurde que lui. Rien.

Dès lors, Angus refusa de se nourrir. Refusa les offrandes de sa bien-aimée. Refusa de chasser. Isolé toutes les nuits dans sa chambre, là où il ne pourrait guère faire aucun mal. Angus ne se supportait plus et chaque nuit, comme pour lui rappeler sa propre faiblesse d'âme, il craquait face aux regards inquiets des domestiques ou des prisonniers qu'Angélique lui ramenait avec une patience infinie. Et alors il se roulait, prostré et maladif, d'une douleur que l'humanité ne devrait jamais connaître. Angus devint un démon pitoyable. Il s'amaigrissait. Ses joues se creusaient. Le bleu de son regard perdait son éclat. Ses cheveux perdait leur souplesse. Ses dents et ses ongles s'allongeaient, comme prêt à se planter dans n'importe quelle chaire humaine. Sac d'os et amas de corruption, Angus avait perdu son maintient royal. Son assurance. Sa beauté. Tout. Angélique le disputait souvent pour ses caprices. Elle le guidait avec un sourire doux. Des paroles sages. Mais caractériel et défiant, Angus la repoussait avec violence et lui reprochait sa damnation. Il lui reprochait les manipulations et ce sentiment amoureux et violent qu'elle avait fait naître en lui. Angélique s'en défendait sans jamais hausser le ton. Et dans son infinie sérénité, Angus entendait dans la voix de sa maîtresse qu'elle s'était elle-même laissé prendre à son propre jeu. Ils s'étaient condamnés. Angus savait quel sort attendait les amants de ce genre de tragédie. Alors il lui fondait en larme dans les bras. Au profond désespoir pour lui murmurer des "Je t'aime" abandonnés et douloureux. Comme pour bercer un bébé, Angélique l'y accueillait et chuchotait à son oreille les chants de ses ancêtres.

Et chaque nouvelle Lune, ce manège recommençait. Et chaque nouvelle Lune, la même tristesse s'emparait du château. Jusqu'à sa disparition. Angélique ne retrouva Angus nulle part. Ni chez elle. Ni au village. Incapable de se laisser à sa propre malédiction, Angus avait jugé que jamais ne seront-ils heureux l'un avec l'autre. Convaincu que son bonheur se trouvait loin du machiavélisme d'Angélique, Angus voyagea loin. Très vite. Et s'isola à son tour pour chercher solution à son problème : L'immortalité vampirique. Aussi fréquenta-t-il thaumaturges et sorciers pour comprendre comment le libérer de sa malédiction. Incapable de se laisser mourir de la morsure du Soleil, il erra longtemps sans réponse, se nourrissant de rats, de chats et de chevaux. Puis, la terreur qu'il ressentait envers lui-même s'apaisa à mesure qu'il apprit à contrôler ses pulsions. Ou presque. Maîtrisant sa force et ses sens, Angus trouva bon, une nuit, de faire une folie. Une seule. Une unique. Un mendiant qui dormait sous les gouttières et n'entendit même pas arriver son bourreau. Angus se pencha sur lui. Silence. Il repartit et la malheureuse victime resta froide et sans vie.

Cette unique folie se reproduisit. Plusieurs fois. Angus chassa d'abord les ivrognes. Les idiots et les simples d'esprit. Il peaufina ses techniques de chasse. Et encensé par l'esprit prédateur, chercha d'avantage de victimes. De plus en plus fortes. De plus en plus intelligentes. Désormais, Angus chassait alors en pleine ville et son audace ne craignait aucune représailles. Angus redevint beau. Redevint fort. Il découvrit sa condition de vampire comme une beauté macabre qu'il ne pouvait qu'accepter. Que la refuser, c'était se condamner. Sa nature allait au-delà de la considération humaine. Angus repensa à Angélique et tenta de lancer des appels à travers les rumeurs que l'on faisait circuler à la cour ou entre vampires. Bientôt, ne parlait-on que de ce vampire écossais, ce prince qui courtisait la mort et se faisait aimer de tous. Bientôt, Angélique le retrouva. Son démon. Sa créature. Belle, funeste et dangereuse. Désirable pour ce qu'il avait de terrifiant. Craint pour ce qu'il avait de beau. Ils se tombèrent dans les bras pour se promettre de ne plus jamais s'abandonner. Ne plus jamais se faire tant de mal.

Désormais, Angélique et Angus était devenu le couple de vampire le plus terrifiant qui soit. Et bien que moins romanesque que leur ancêtre, ils firent respecter leur pas par sangs et massacres. Chassés par d'habiles chasseurs plusieurs fois de plusieurs royaumes, c'est toujours avec beaucoup d'amusement qu'ils se vengeaient des affronts. Angus apprit d'Angélique à faire naître la douleur. A imposer sa force et son autorité. A créer la terreur dans le ventre de ses ennemis. Toujours dans son ombre, Angus était devenu son messager. Et Angélique le présentait toujours avec un enthousiasme qui faisait peur.

***
Une centaine d'année plus tard

Une odeur de pestilence avait envahi le salon. Ce corps sentait la pourriture et la mort. Ni Angus, ni Angélique ne s'étaient décidés à l'enterrer, boudeurs comme des enfants. Trop fiers, ils se refusaient d'accepter un tel labeur et laissaient à l'autre le soin d'accepter ses fautes en s'en débarrassant. Ils ne se parlaient plus, ne se regardaient plus, ne se touchaient plus. Un froid glacial s'était emparé de leur passion. La pauvre Sylviane avait encore les yeux grands ouverts et sa bouche continuait de vomir des asticots. Elle se décomposait dans le salon, à la grande indifférence des deux démons, trop occupés à se disputer cette bataille.

Au cours de ses aventures à travers les royaumes de ce monde, Angus s'était pris d'affection pour une façon nouvelle de chasser. Une nouvelle lubie que peu ne purent comprendre. Le vampire avait trouvé amusant de s'immiscer auprès des cours princières par défi. Face au grand monde, Angus désirait un nouveau visage pour les vampires. Un visage de faste, un visage lumineux, précieux. Cesser de se rouler dans la boue, dans le sang. Il suffisait de l'isolement volontaire des vampires. Il désirait désormais chasser à la vu de tous. Son arrogance rejoignait toujours les caprices horrifiques de sa maîtresse mais cette fois, Angélique trouva le jeu ennuyeux. Toutefois, l'avait-elle laissé s'amuser.

Angus avait ainsi rencontré la nièce du roi. Sylviane. Une jeune femme délicate faite de porcelaine et de bonnes manières. Comme toutes les autres qu'Angus avait dévoré, Sylviane était ingénue et riait timidement derrière ses éventails. Angus adorait passer du temps avec elle et parlait de son sourire, de son ineptie et de ses préoccupations futiles à Angélique avec une passion rare. Angélique baillait face aux anecdotes d'Angus, indifférente des nuances de l'humanité. Jusqu'au jour où pour pousser le jeu jusqu'au bout - et peut-être attiser la furie et la jalousie d'Angélique - il avait demandé sa main en mariage.

C'était Angélique qui l'avait tué. Elle l'avait invité un soir, prétextant vouloir la féliciter pour son mariage. L'encourager et la serrer fort dans ses bras.  Elle s'était doucement approché pour embrasser son front. Avait posé ses mains délicates sur ses joues ... Et lui a rompu le cou d'un geste sec et précis. Crac. Sylviane était tombé comme une poupée de chiffon. Lorsqu'Angus s'est aperçu de ce qu'il s'était passé dans le salon et croisa le cadavre gisant de sa fiancée, sa voix résonna dans tout le château. Il était furieux. Angélique plaidait sa cause avec véhémence. Angus lui avait parlé de leur nature ! De leurs pouvoirs ! Il lui avait fait goûte de son sang ! Elle avait profité d'une volupté destinée aux créatures de l'Enfer ! Elle n'avait plus sa place en ce bas monde. Vertueuse mais souillée. Cette morveuse lui avait fait perdre la tête. L'avait poussé à lui faire connaître un échange qui leur était destiné. Angus n'avait pas le droit de faire profiter cette mortelle. C'était leur bonheur. Leurs plaisirs. Leurs secrets

Cette querelle dura longtemps et plus les nuits passaient, moins étaient-ils tendres l'un envers l'autre. Parfois même faisant voler la porcelaine et l'argenterie, se feulant et se grognant dessus comme des bêtes fauves. Angélique était une personnalité affirmée et violente. Elle n'hésitait pas à frapper, cracher, insulter. Angus, plus sage et modéré dans ses attaques, préférait mettre un terme à leurs joutes verbales rapidement. Bien souvent, il s'enfermait seul après l'humiliation reçue, n'osant s'opposer à la terrible colère de sa maîtresse. Même s'il se défendait ardemment, c'était la comtesse qui avait toujours le dernier mot car Angus, même derrière son masque de fierté, craignait Angélique. La craignait d'avantage qu'il savait de quoi était-elle capable. La situation, inexorablement dégénéra. Une dispute plus violente qu'une autre. Angus avait répondu cette fois. Angus s'était défendu. Et Angélique était devenu folle de rage, hystérique. Elle brandissait une torche, cette nuit-là, le menaçant de le tuer, de le réduire en cendre. Angus hurlait qu'elle était folle ! Que le temps ne l'avait pas épargné, vieille femme sénile ! Sous la rage et la colère, elle finit par brûler le manoir et dans la panique, Angus se glissa dehors pour s'enfuir. S'épargner sa colère et sa vengeance et s'en faire oublier. Cependant, savait-il qu'elle n'en resterait pas là. Elle jetterait sûrement sur lui la faute de sa ruine et de sa déchéance. Le vampire partit pour le nord. Toujours au Nord. Lorsque la mer devint un obstacle, il prit le bateau comme pour la première fois. Mais aujourd'hui, il était seul. Il prenait la direction de l'Ecosse. Du pays de ses ancêtres.

Angus retourna sur les terres de ses aïeux à Dun Broch. Inconnu de la famille royale, la politique avait changé et s'était adoucie après tumultes et batailles. Quatre princes régnaient alors sur le royaume et Angus jugea sûr de rester à distance de ce qui ne le concernait plus. Retrouvant avec émotion les prairies qui avaient connus ses premiers jeux. Les rivières qui accueillirent ses premiers ébats amoureux. Les arbres qui témoignèrent de ses premières batailles. Angus s'installa sur des territoires inexplorés et encore sauvages où sa demeure se planta au milieu des forêts enchantées. Cherchant tranquillité après la fureur de son passé, après les meurtres et la passion du sang et de la chaire, Angus cherchait à apaiser son âme. Désormais seul, son esprit devait apprendre à oublier celle qui fut sa maîtresse, sa femme, sa mère, sa confidente et son amie. Angélique avait toujours obsédé ses pensées et il lui fallait aujourd'hui vivre sans elle. Sans ce bout de lui-même qui laissait au creux de son estomac un vide immense. Souvent Angus pensait partager les pensées d'Angélique. Parfois, il imaginait des territoires qu'il n'avait jamais vu et se souvenait de visage qu'il n'avait jamais rencontré. Il devinait où elle était ou ce qu'elle faisait. Angus soupçonnait Angélique d'aller mal lorsque lui-même se sentait faible et morose. Tout, jusqu'aux tableaux qu'il acheta à un jeune peintre écossais, le ramenait à Angélique. Elle le hantait et Angus dû trouver d'autres amours pour combler ses épanchements déchirés. Il s’intéressa à l'Art et à l'artiste. A la musique et son compositeur. Épousa des causes qui n'étaient pas les siens pour oublier. Alla dans les bals et fêtes de village où il croisait toujours le visage d'Angélique dans le regard d'une ou deux pucelles. Alors il les allongeait sur le côté du chemin, au milieu de la nuit et de l'ivresse et dès le lendemain, il regrettait sa coupable faiblesse.

C'est ainsi qu'il vécu longtemps avant qu'elle ne refasse de nouveau surface. Avant qu'elle n'envoie les signes de sa venue prochaine. Angélique n'était pas un démon que l'on pouvait fuir, même à l'autre bout du monde. Angus le savait et chaque nuit, il y pensait avec une sombre lueur dans le regard. Lorsqu'elle envoya ses sectaires accomplir leurs macabres besognes dans les environs pour attirer Angus et son appétit sanglant, ce dernier se promit de ne pas flancher face à elle. De ne pas se laisser soumettre une nouvelle fois et d'accomplir l'inévitable. Mettre un terme à leurs jeux. Tirer le rideau final du troisième acte. Elle apparut une nuit, dans le grand salon. Sa présence, Angus l'avait sentie bien avant qu'elle ne traverse le hall. Tout son corps hurlait une urgence qu'il ne comprenait pas. Un désir, une terreur, une pulsion, une tristesse. Une fusion de sentiments profonds et pénibles qui l'enveloppait doucement et confortablement. Angélique le regardait avec ces yeux glaçants et bienveillants. Son sourire était emprunt de compassion. Elle lui apparut maternelle et douce comme une brise d'été. Accueillante. Elle disait avoir tourné la page. Elle disait avoir oublié leur querelle. Mais par tous les dieux, qu'il revienne. Qu'il cesse de la fuir car leur séparation l'avait brisé. Angus était brisé. Angus savait qu'il se condamnait à un regret éternel en se séparant d'elle. Qu'il ne serait que suppure et haine s'il devait vivre sans elle. Elle ouvrit les bras pour accueillir son chagrin et Angus approcha en pleurant comme un enfant. Il était pathétique. Lorsqu'elle referma les bras sur lui, un long moment de silence fit naître un coup de tonnerre au dehors. Angélique resta immobile, les bras en l'air et les yeux exorbités. Angus pleurait plus fort. Plus fort que l'orage et la pluie qui battait les fenêtre. Le grondement fit vibrer les fondations. Angus n'aurait su dire s'il s'agissait du tonnerre ou de l'ultime hurlement de vie d'un démon millénaire. Il retire doucement le pieu de son cœur, s'excusant mille fois de l'injure et se laissa en dernier souvenir un baiser volé et macabre.

Angélique s'assécha en un instant. Sa peau devint livide et se mis à tomber en poussière. Angus crut l'entendre le maudire mais elle affrita vite en un tas de sable cadavérique à ses pieds. La fin d'Angélique de Dreux fut silencieuse et seule la tempête à l'extérieur accompagnait sa mort d'un vent qui sifflait aux fenêtre son requiem. Angus, immédiatement, se couvrit d'une cape et disparut dans les vents et la pluie pour disperser ses cendres. Libre, Angus ne s'était jamais senti aussi seul qu'à présent.

***

Angus était devenu un véritable vampire tel que le furent ses ancêtres. Sinistre, morose, au goût prononcé pour la poussière et les vieilleries. Se laissant à la solitude d'un château évité de loin par les touristes en vadrouille. Angus, chaque année, accueillait des femmes venues à sa porte chercher refuge. Et Angus acceptait, de sa grande bonté. D'un simple échange : la liqueur impie qui coulait en elles. Aussi, beaucoup, par confort de la protection d'un tel seigneur, devinrent les maîtresses silencieuses de cette étrange créature. Cherchant un comble là où sa vie s'était arrêté, Angus était devenu un vampire taciturne et plus intéressé par les livres que par le désir de consommer son épicurisme. C'est dans ces ténèbres qu'apparut alors l'étrange proposition d'un duc voisin. Sans doute, l'intérêt financier qu'Angus représentait l'avait attiré. Les gens alentours ne voyaient jamais le maître qui était là depuis de nombreuses années. On l'imaginait alors vieux, faible et malade. Il ne sortait jamais de son château et se faisait si discret que la rumeur de sa mort prochaine parcourait déjà tout le duché. Angus n'était pas étonné que l'on veuille dorénavant s'en prendre à sa fortune et aux terres qu'il s'était bâti.

Le duc envoya alors pour présent un portrait avantageux de sa plus jeune fille. Une magnifique créature aux cheveux blond comme un soleil d'été. Un visage de poupée, bien rond et aux yeux innocents. Angus, sans doute par jeu, accepta cette étrange transaction sous condition que le mariage ne soit témoigné que par les invités qu'il aurait lui-même choisi. Et le vieux duc n'en faisait pas partie. La petite Lucrezzia Russell arriva avec de jolis airs de princesse jusqu'à son triste palais. Angus se souvint de sa mine déconfite lorsqu'elle aperçut son nouveau domicile. Et de sa surprise face à lui lorsqu'elle apprit qu'il n'était pas un vieil homme malade et dégarni. Angus la trouva immédiatement touchante. Solaire. Belle. Innocente et pure. Elle illuminait chaque pièce de ce château par sa seule présence et sa voix avait rendu un grand sourire aux domestiques. Angus aimait l'avoir près de lui. Toucher ses longs cheveux blonds. Caresser son épaule qu'il libérait d'un geste espiègle. Sa morosité de jadis se transformait doucement. Il ne pensait bientôt plus à Angélique et Lucrèce lui offrait un divertissement attendrissant. Lucrèce repoussait ses avances. Pas avant le mariage, disait-elle en riant timidement. Il respecta ses principes et le mariage se déroula de nuit, sobrement. Assez sobrement pour que Lucrèce fonde en larme durant leur nuit de noce et ne confie son désarroi d'avoir eu droit à une cérémonie si triste. Angus la consola. Leur première couche fut bercée des sanglots de cette enfant. Leur mariage commençait sur les chapeaux de roue.

Au début, Lucrèce était une enfant joyeuse et toujours souriante. Prête aux meilleurs efforts du monde pour rendre cet endroit plus agréable, elle passait ses journées à refaire la décoration du château et un bout de ses nuits à montrer ses lubies à Angus. Evidemment, Angus n'avait que peu de loisir de croiser son épouse. Incapable de lui imposer ses activités nocturnes, il fut complexe pour les jeunes mariés de trouver des activités communes. Lucrèce avouait ne pas comprendre et Angus sentait qu'elle doutait qu'un secret immonde l'entourait.

Une nuit, Lucrèce vint le voir, toute honteuse et tordue d'angoisse. Les yeux rouges et les doigts crispés. Elle disait qu'elle lui pardonnait. D'être un libertin. D'être mauvais. D'être ce qu'il était. Elle désirait le sauver. Elle désirait faire de lui un homme meilleur et Angus, sans aucun désir du moindre effort, jura qu'il revendrait meilleur. C'est ainsi que Lucrèce se mêla de ses affaires de plus en plus souvent. Et le démon, irresponsable et paniqué, comme si la souffrance de cette enfant l'inquiétait, décida de la transformer. De lui offrir ce qu'il possédait. Et de s'offrir un confident. Une créature semblable à lui qui le comprendrait. Impatient, il la baptisa sans préparation, sauvagement dans le lit de leur chambre qu'ils avaient cessé d'occuper tous les deux depuis les débuts de leur mariage. Lucrèce se débattu violemment et reçu ce cadeau comme la pire des offenses. Ce n'est qu'à ce moment, cet instant fatal qu'Angus comprit qu'il n'avait jamais appris à élever un jeune vampire.

Lucrèce était une bête assoiffée, terrible et dangereuse. Fauve et animale, dès ses premiers jours, elle courrait et marchait à quatre pattes sur les murs, grognait comme un chat et sautait sur chaque créature à sang chaud qu'elle croisait. Pour qu'elle ne détruise pas la moitié du comté, Angus fut bien forcé de l'enchaîner sous le château et veilla lui-même à sa consommation. Chaque repas rendait la lucidité à la jeune fille. Et chaque repas l'animait de spasmes de tristesse déchirants. Elle maudissait Angus. Le traitait de tous les noms qu'une fille de si noble rang pouvait connaitre. Puis elle le suppliait de le nourrir. De lui ramener à boire. A manger. N'importe quoi. Un rituel étrange de possédé qui dura longtemps et fit mille fois regretter Angus de l'avoir transformé. Et plusieurs fois, il songea à la tuer. A détruire ce qu'il avait créé sur un stupide coup de tête. Mais lorsqu'il croisait son regard, qu'il l'entendait pleurer et désespérer dans sa cellule, Angus se sentait incapable du moindre mal à son égard. Sa petite épouse. Alors il se fit patient. Compréhensif. Et tenta de faire sortir sa pauvre Lucrèce de cet état de bestialité qui ne la quittait plus.

Angus ignorait comment aborder l'éducation de Lucrèce. Parfois, il répétait ce qu'Angélique lui enseigna car se souvenait-il qu'il se servait toujours de ces vieux conseils. Et souvent, tentait-il d'autres manières plus douces et moins intrusives. Le souvenir d'Angélique lui revenait pour la première fois sans regret et sans peine. Devenir père avait, semblait-il, rendu son deuil rapide. Toutefois, n'était-il pas encore débarrassé de Lucrèce qui, reprenant son esprit, révéla toute sa rancœur contre celui qui l'avait condamné. Lucrèce refusait d'écouter. Se montrait mauvaise et insolente. Elle refusait de prendre soin d'elle et laissait ses longs cheveux blonds traîner derrière elle, toute en robe de chambre froissée et durant toutes les nuits. Chaque reproche d'Angus avait droit à sa réponse acerbe et amère. Ils se disputèrent beaucoup et souvent, Angus éclatait, furieux et incapable de plus de patience. Ne se souvenant plus des sentiments coupables qu'il avait autrefois lui aussi nourrit, il se rappela néanmoins que ce n'était qu'une brève période. Une période que Lucrèce devrait accomplir seule.

Alors, Angus décida de se désintéresser d'elle. Il ne s'occupa plus de sa toilette, cessa de la dispenser de ses conseils. Ne la regardait qu'à peine et ne la toucha plus du tout. Angus n'avait pas le cœur d'affronter l'amertume et la haine d'une personne si proche de lui. Lui qui n'avait reçu qu'amour et affection de ceux qui l'ont entourés. Alors commença la triste épopée de sa jalousie et de l'éveil de Lucrèce. Belle comme le jour, créature d'enchantement et de grâce, Lucrèce décida ainsi d'apprendre d'elle-même le pouvoir de ses regards. Elle s'invitait aux soirs, durant les réceptions de son époux et jouait de ses charmes démoniaques pour attiser autour d'elle les émules et les émois. Angus ne le supportait guère. Maladif dans sa jalousie, possessif jusque dans les pires excès, leur relation devint de plus en plus violente et brutale. Et nombreux furent les hommes qui furent les victimes malheureuse de la jalousie d'un mari infernal. Lucrèce jouait. Commençait à comprendre. Commençait à ressembler à un véritable vampire. Hargneuse, mauvaise, démoniaque. Ses yeux se paraient d'un fard de douceur et de gourmandises lorsqu'elle papillonnait aux cours princières mais ils retrouvaient leur dureté et leur cruauté dès lors qu'elle plantait ses crocs dans les victimes qu'elle se choisissait. Angus se demanda s'il n'avait pas créé pire démon que lui. Certainement. Et son sentiment amoureux ne fit que grandir avec sa colère envers ses scènes de ménages turbulentes et sa crainte de voir son épouse provoquer les pires catastrophes diplomatiques du pays. Sans doute s'en serait-il beaucoup amusé si Lucrèce n'était pas à son tour jalouse. Que ce jeu ne s'était pas arrêté là où leur sensibilité ne pouvait plus le supporter. Après que Lucrèce ait brûlé l'un des rares portraits d'Angélique et ait eu transformé un jeune peintre du château, Angus la chassa, la maudit et décida de ne plus jamais se relancer dans ce genre d'aventure dangereuse. Les époux étaient toxiques l'un pour l'autre. Se tuaient et se blessaient pour mieux s'aimer. Angus était fatigué et la laissa échapper à son contrôle. Lucrèce ne partie guère loin et décida de prendre avec elle sa créature pour retrouver quelques origines oubliées. Toutefois, elle revint souvent à lui. Des visites cordiales que l'on accorde principalement qu'aux gens de la famille qui n'ont eut aucune incidence sur notre vie. Lucrèce s'était retrouvé ainsi chez quelques amis d'Angus qui surent l'accueillir avec plus de complaisance et l'aidèrent à mieux gérer les psychoses qu'un vampire fou et brisé avait créé en elle pour combler ses carences affectives.

C'est ainsi qu'Angus entama une longue et douloureuse période dépressive. Retenu par la douleur de la solitude et l'affront de son échec qui revenait chaque année lui passer le bonjour, le vieux vampire perdit goût aux choses, au sang, à la chaire, aux fêtes et à l'art. Angus n'avait guère connu plus grande mélancolie et le monde lui semblait fade. Une douleur vive brûlait son estomac et un profond vide s'était emparé de son esprit. Vieux et sage, Angus restait sur son fauteuil, la nuit, et ne se nourrissait plus ou que rarement. Il n'en ressentait guère le besoin mais son corps s'asséchait. Lucrèce tentait de l'y forcer, d'un sincère regard d'inquiétude mais il repoussait ses tentatives brutalement et renversait toujours cette main tendus vers lui. Il feulait de plus en plus et son regard se perdait dans le vide. Dans son passé. Angus passait beaucoup de temps à étudier alors que son corps vieillissait de sa diète.

Puis un soir, Lucrèce ne le trouva pas chez lui. Sa présence était évanouie et pulsait par faibles battements dans l'air. Angus s'était enterré sous le château, fatigué et détruit. Mis en torpeur en espérant ne jamais se réveiller, Angus avait quitté ce monde comme un véritable vampire. Dignement et proprement. Son corps s'assécha tant et tant qu'il ne devint qu'une statut sous la terre, une momie transformée en un tas de poussière. Les saisons le survolèrent sans le soupçonner. Les années passèrent sans le remarquer. Le monde l'oublia parfaitement et seuls quelques traces de son passage survécurent à l'office du Temps. Angus n'était plus qu'un souvenir, un vague nom que l'on nomme au lointain, comme un spectre revenant. Comme la plupart des vampires, il fut condamné par ses semblable au repos éternel et tous ses biens furent légué à son épouse et descendance, Lucrèce McMillan. Nouvelle dame de la sombre et élégante confrérie vampirique.

Puis, une nuit, des siècles plus tard, quelqu'un descend une cave condamnée. Visite les ruines d'un château abandonné. Et découvre dans ce tombeau poussiéreux les restes momifiées d'une créature démoniaque. Au moment où il se rend compte de son erreur, la créature sent sa terreur et s'éveille brutalement. Ouvre les bras grands et l'aspire dans son cercueil pour lui voler la moindre parcelle de vie jusqu'à la renaissance.

Cela fait bien une douzaine d'années que le vieux démon écossais est revenu sur cette terre. Gardant au secret son éveil et ne voulait attirer l'attention sur lui, Angus a récupéré par quelques savantes manipulations le reste d'un héritage qu'il se réservait à lui et lui seul. Son esprit eut tout le temps de se fortifier. Son âme eut toute la peine pour s'illuminer de nouveau. Angus avait décidé d'oublier son triste passé. Ses carnages inutiles. Ses amours tragiques. Il voyagea et s'installa là où l'on savait faire la fête. Il apprit à manipuler pour découvrir la technologie. Le nouveau monde. Joyeux lurons un peu bouffon, Angus se fit amis de quelques créatures avec qui il confia ses doutes et ses peines. Mais surtout ses nouveaux caprices. Son désir de vivre. De voir le monde. De faire des choses concrètes. Et de cesser de chercher les problèmes là où ils se condensaient en masse. C'est l'un de ses amis qui lui proposa d'abord d'enseigner la musique à quelques enfants nobles. Etre appelé dans les grandes maisons pour apprendre à une progéniture insolente à manier habilement l'art d'un instrument ou de la voix n'était pas du goût immédiat d'Angus. Toutefois pris au jeu, il accepta le défi et trouva tout le bonheur du monde à jouer les précepteurs. Agréable, poli et doué dans ses domaines, Angus enseignait aux enfants, discutait avec les pères et couchait avec les mères. Si cet étrange équilibre fut quelquefois troublé de scandales un peu vulgaires pour le beau monde, Angus continua longtemps ses activités avant de voyager jusqu'à Camelot.

Ses talents dans la pédagogie gagnaient à être proposés à l'institution qui formerait les nouveaux héros de demain. Une loi passait qui désirait libérer les enfants de l’île des Perdus. Angus, vampire de son état, était sans doute le plus à même d'accueillir cette racaille qui ne demandait qu'à être réformé par des modèles assez charismatiques. C'était ainsi qu'il présenta son dossier à l'école. Appuyé par son savoir millénaire, ses connaissances académiques et son vécu romanesque, Angus dû tout de même plaider sa cause pour s'éviter un procès contre son régime alimentaire. Comment s'assurer qu'il n'attaquerait pas les élèves dans un moment de faiblesse ? Angus assura qu'il ne se nourrissait que de sang animal. Qu'il ne s'en prenait jamais aux humains. Sage comme une image. Mais, l'administration, sans doute pas aussi stupide qu'elle voulait le faire entendre, décida d'imposer une condition à son intégration dans l'école : Angus serait suivi par une assistante sociale qui gérera pour lui sa consommation de sang et organisera ses cours pour lui. Car des cours à la tombée de la nuit nécessitait une organisation qu'Angus ignorait.

Ainsi devint-il l'étrange et mystérieux professeur McMillan. Enseignant la mythologie et s'étant attaché au club de musique, Angus est cet enseignant dont on ignore la nature et les origines. Sa condition de vampire est gardée secrète par l'établissement aux élèves et ses pauvres collègues ne croisent de toute façon jamais Angus, sauf lorsqu'ils acceptent de faire l'effort de venir à sa rencontre, lorsque la nuit est déjà bien avancée. Angus découvre ainsi doucement ce monde et s'ouvre à tant de possibilité qu'il donne cette étrange sensation de toujours découvrir le monde. Naïf, innocent et espiègle. Pour le moment, sa vie semble enfin prendre un chemin qui lu convient et ne troquerait-il la simplicité de son existence pour rien au monde.


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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Jeu 21 Sep - 23:31

♥️ Bienvenue Professeur ? Concierge ? Cuisinier ? Autre truc ?
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Jeu 21 Sep - 23:32

Professeur et maître. Malheureusement, je ne savais pas où caser ça sur ma fiche, ehe. J'imagine que c'est assez anecdotique pour ne le notifier que brièvement quelque part... Où j'ai la place.

Quoiqu'il en soit, merci ♥️
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Jeu 21 Sep - 23:35

Certainement oui... Tout le monde s'en fout des cours en vrai. C'est casse couilles en général.... J'espère que vos cours élèveront un peu le niveau.
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 5:29

Bienvenue à vous monseigneur. Je suis curieux de vous voir en action
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MEMBREAussi rebelle que sa mère !


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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 7:54

Bienvenue à vous mon ancêtre professeur Smile. (Je ne sais pas, si je dois être contente d'être rousse ^^)


Dernière édition par Arya Dun Broch le Ven 22 Sep - 8:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 8:36

Bienvenu ^^ pas mal le mélange dracula - rebelle ^^ ton personnage a l'air intéressant ^^ bonne chance pour la suite de ta fiche (encore heureuse que je me suis teint les cheveux en mauve moi XD)
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 9:05

ouah, je suis tout à fait son type de femme alors? Intéressant (surtout en connaissant un de mes traits de caractère xD )
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 13:43

Il est trop vieux pour vous les filles. Suivez un peu le cours au lieu de mater le prof !
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 14:55

Oh Gémini a parlé... Mais il a tort me semble t'il ^^
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 17:17

C'est gémini cricket, c'est jiminy cricket XD
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MEMBRELe plus Beau n'est plus Gaston !


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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 17:35

Bienvenue le tombeur XD
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Ven 22 Sep - 19:29

Beau est jaloux xD
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Dim 24 Sep - 4:30

Tant d'émules sur ma fiche. Merci à vous ! Je t'en fais pas, Bran. Rien ne pourra entacher la qualité de mes cours ♥️ Si ce n'est le sommeil lorsque vous devrez venir vous y présenter a 11 heures du soir !

Merci les filles. Et laissez-moi donc ce pauvre Bran tranquille, ehe. Pour une fois qu'un élève reste attentif à mon cours... Soyez aimable, mesdemoiselles ! Quant à toi, Beau (quel nom !) je te remercie mais je n'ai aucun mérite ♥️ Je te ferai bientôt passer mes petites passes faciles ehe. Rien de bien sorcier, tu verras u_u

Bon, la biographie promet d'être particulièrement longue. Je n'en suis qu'à la moitié et je crains déjà de dépasser le nombre maximum de caractère en un post. Aussi, il est très probable que je vous réclame un peu de place pour continuer ma bio sur un nouveau post :/ Si ça arrive, je m'en excuse pas avance !
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Dim 24 Sep - 6:52

Oh bordel. Tu es super inspirée.
Aucun problème si tu as besoin de place

*va se perdre plusieurs heures dans la lecture*



 
Vanyel
 
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Dim 24 Sep - 10:37

*S'est totalement perdue dans la lecture passionnante de ce vampire dont la vie n'a vraiment pas été simple*

Euuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh, comment te dire ça professeur... En fait...

Fais de moi ton apprentie écrivain, je veux ta plume bordel ><

Bien entendu que tu es validé, je t'ajoute où tu te dois d'être ajouté et fais ta fiche de liens. Attends toi à me voir débarquer dessus ^^

Bon jeu à toi



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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Mer 27 Sep - 14:27

Et bien, comme tu as mis ton caractère (et ajouté quelques anecdotes) tu es officiellement et définitivement validé ^^



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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été ○ Angus McMillan   Mer 27 Sep - 14:38

Bienvenue professeur 8D
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